Montcaret

21 novembre 2018

Inauguration du stade de Montcaret

Sud-Ouest donna ce compte-rendu le 29 septembre 1947 :

article 29 9 1947

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18 novembre 2018

L'exposition du 11 novembre 2018

Pour le 11 novembre 2018, nous avions présenté une petite exposition en deux parties, dans la salle des fêtes de Montcaret. 

1 - De la déclaration de guerre à l'armistice du 11 novembre et des conséquences de la guerre.

2 - Témoignages locaux : ouvrages, correspondances, photos prises sur le front, en particulier, une photo exceptionnelle d'une "parade d'exécution" d'un fusillé pour l'exemple, prise par un Montcarétois à Sains-en-Gohelle, en juin 1915.  

Voici le plan de l'exposition. Les documents seront présentés dans des albums portant le numéro du plan (colonne de gauche). Tous les documents sont de provenance locale.

1 – La guerre

11 -Débuts de la guerre, juillet 1914

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Excelsior, lundi 29 juin 1914, Assassinat de Sarajevo.

Le Petit Parisien, samedi 1er août 1914.

La Petite Gironde, lundi 3 août 1914, l’Allemagne adresse un ultimatum à la Belgique.

Le Petit Journal, mardi 4 août 1914. L’Allemagne déclare la guerre à la France.

Excelsior, mercredi 5 août 1914. Funérailles de Jaurès.

12 - La Grande Guerre, 870 soldats français tués chaque jour en moyenne.

Jean de Granvilliers, le Prix de l’Homme, 1914-1916, Calmann-Lévy, 1920. Dédicacé par l’auteur à Jean Morize, de Port-Sainte-Foy.

Anonyme, après trois ans de guerre, Ministère de l’Instruction publique et des Beaux-Arts, 1917. Offert à Ida Dupuy reçue au certificat d’études primaires le 2 juillet 1917.

 A Ida Dupuy, du Fleix, pour son certificat d'études, 2 juillet 1917

Sans défense, Flammarion, 1931, p. 48, photo dans le camp d’internement de Périgueux.

Roosevelt (Théodore), Le devoir de l’Amérique en face de la guerre, Parrin, 1917. Griffe « Auckenthaler », de Sainte-Foy, sur la page de garde.

13 - Journaux du front

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Le Mouchoir, 20 février 1916.

Le Rigolboche, 20 février 1916. Pâques 1916. 20 mai 1916.

La Roulante, 1er janvier 1917. 17 février 1917.

Gazette des Arts Déco, juin 1917.

14 - La victoire

L’intransigeant, lundi soir 11 novembre 1918. L’armistice est signé.

Lemonon (Ernest), L’Allemagne vaincue, Bossard, 1920. Dédicace de l’auteur à Charles Vergnaud, de Pineuilh.

15 - L’après-guerre

Revue des Deux Mondes ; 15 décembre 1918, p. 777 : « Une des causes profondes de notre victoire, une des raisons qui ont amené à nos côtés sur les champs de bataille nos « associés » américains, c’est que nous combattions pour une idée : le droit des peuples à disposer de leur destin ». Article anonyme.

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Converset (colonel), Ceux qui font la guerre et ceux qui la font faire, Edition de « L’avenir social », Epone, août 1921. Cachet des Chevaliers de la Paix, groupe de Gironde et Dordogne.

Michelson Alexandre, Le problème des finances publiques après la guerre, Payot, 1919. Dédicace de l’auteur à Jean Morize, de Port-Sainte-Foy.

Demangeon et Mauco, Documents pour servir à l’étude des Etrangers dans l’agriculture française, Hermann, Paris, 1939. De la bibliothèque de Philippe Henriot.

L’annexion de l’Alsace-Lorraine et la Désannexion, Editions d’Alsace-Lorraine, 1918.

Cartes postales : 2 représentant le monument aux Morts de Saint-Avit du Moiron. 1, l’inauguration du monument aux morts de St-Quentin de Caplong.

Sandre (Thierry) et collaborateurs, Anthologie des écrivains morts à la guerre, Le Hérisson, 1926.

2 – Gens de chez nous

21 - Témoignages locaux, ouvrages

Disdet (Valmy), Autour de la Guerre, Fraysse, Ste-Foy, 1915. Né le 18 octobre 1897 à Ste-Foy, mort le 17 mars 1918 à l’hôpital n° 7 de Bordeaux de blessures de guerre. N° 16621, classe 1917, n° 1201 au bureau de Libourne.

Elie Faure, la Sainte Face, Crès, 1918. Médecin aide-major de 1ère classe, ambulance n° 1, 56e division, 6e corps d’armée. Elie Faure est né en 1873 à Sainte-Foy la Grande. Il meurt en 1937. Il est enterré aux Laurents, à Saint-Antoine de Breuilh.

Elie Faure, La Sainte Face   Photo d'Elie Faure

La Grande Guerre du XXe siècle, mensuel, N° 22 de novembre 1916, Bonne Presse. P. 596, Sur la mort de Béhanzin (fils de l’anciens roi du Dahomey). Son jeune frère (ou son fils ?) fut scolarisé à Guyenne, Port-Ste-Foy, après la guerre.

Le Feu… et la Flamme, Feuillets recueillis par le « Poilu Saint-Emilionnais », Delbrel, Bordeaux, 1918.

Le Poilu Saint-Emilionnais    Exemplaire de M. Dugos à Saint-Emilion.

Marthe Bitard-Viaud, des Lèves. De mon cœur à ton cœur, Fischbacher, Paris, 1935.

22 – Témoignages locaux, photos, correspondance

Photographie par       Jean-Roger Chaminade, de Montcaret, une vingtaine dont 2 représentent une « parade d’exécution » d’un fusillé pour l’exemple, à Sains-en-Gohelle, juin 1915 scan ci-dessous).

parade d'exécution petit sains juin 1915 (2)

Cartes postales de Lacroix, de St-Vivien, Dupont et Pauquet, de St-Antoine de Breuilh, Eva ?, de Vélines, Baraton et Lalanne de Ste-Foy, Albert, de Franc

Médailles                     

23 - Hôpitaux militaires

Léo Larguier, la jambe de bois, Floréal, sans date.

Hôpital militaire de la Croix-Rouge au Lycée Jeanson de Sailly. C. p. de Pierre Valade à sa famille, à St-Avit du Moiron.

Hôpital temporaire de Ste-Foy (actuelle chambre funéraire Lavergne).

Hôpital temporaire n’° 15 de Ste-Foy. C. p. adressée par Eva de la Rayre (Vélines) à son « bien cher mari », le 6 août 1916.

Le Petit Journal, arrivée du convalescent.

24 – Obus décorés

1 grand obus

6 obus de 75

2 très petits

2 briquets

25 – De l’information à la propagande

L’illustration

Le Miroir

La Guerre illustrée

Le Petit Journal

Condamnés par eux-mêmes

Chansons populaires

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16 novembre 2018

Déportés autour de Montcaret

Il s'agit de déportés par mesure de répression, résistants pour la plupart. Il n'y a pas de déportés par mesure de persécution, c'est-à-dire de personnes de confession juive.

Les deux frères Mélamed, réfugiés à Port-Ste-Foy et Ponchapt furent arrêtés à la frontière espagnole, déportés et assassinés à leur arrivée en camp de concentration. La famille Mélamed était originaire de Bordeaux et, à Port-Ste-Foy, ne fut pas inquiétée. André le petit dernier, fut hébergé aux Bories, à Vélines, pendant la guerre. Je vous dirai l'histoire terrible des frères aînés dans un prochain article.

Je n'ai pas cité non plus le commandant Perrot qui avait des parents à St-Vivien : il habitait à Ste-Foy où il fut arrêté.

Sur ces douze personnes déportées, trois survécurent et le cas de M. Meyran est indéterminé.

Le but de cet article est de rendre hommage à ces personnes.

 

BEAUSOLEIL Pierre, né le 12 mars 1906 à Lamothe-Montravel.

I. 206, transport parti le 27 avril 1944 de Compiègne et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185 034. Parcous : Buchenwald, Flossenbürg. Libéré le ?, à ?.

Pierre Beausoleil faisait partie du réseau CND-Castille (cf Reix-Vircoulon p. 74 et s.).     

BLANC Léon, né le 22 septembre 1897 à Saint-Etienne de Lisse, demeurait à Bonneville-et-Saint-Avit-De Fumadière au moment de son arrestation. Arrêté le 28 novembre 1943 par la Gestapo (Reix-Vircoulon, Chronique des années de guerre en pays foyen, 1939-1945, Fanlac, 1995, p. 126).

I. 173, transport parti de Compiègne le 27 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 29 janvier 1944. Matricule 43 665. Disparu à Dora.

Inscrit sur le monument aux Morts de Bonneville (Mémorial de la Résistance en Dordogne, p. 248).

BUISSON Eloi, né le 1er décembre 1913 à Ménesplet.

Arrêté à Bonneville, où il résidait, le 28 novembre 1943. I. 206, transport parti le 27 avril 1944 de Compiègne et arrivé au KL Auschwitz-Birkenau le 30 avril 1944. Matricule 185 190. Parcours : Buchenwald Eschershausen. Décédé en 1945 à ?

Reix-Vircoulon, p. 126. Inscrit sur le monuments aux Morts de Bonnville (Mémorial de la Résistance en Dordogne, p. 248).

DELLAC Marie-Joseph, né le 30 mai 1879 à Lamothe-Montravel.

I. 40, les déportés des prisons de la zone occupée vers celles du Reich en juin 1942. Déporté le 1er juin 1942. Parcours : prison de Kalruhe, prison d'Anrath, prison de Lübeck-Lauerhof, prison de Jauer. Libéré le 12 février à Jauer. Nacht und Nebel.

FAVEREAU Paul, né le 27 novembre 1920 à Saint-Seurin de Prats.

Il réside à Sainte-Foy la Grande. Dans l'été 1943, il est embauché à la poudrerie de Bergerac. Printemps 1944, il part pour le maquis.

Arrêté le 8 juin 1944 à Eynesse par les Allemands (Corriger, p. 30). Il est conduit à la Kommandantur locale de Castillon puis, le 9 juin, à la prison du fort du Hâ, à Bordeaux..

I. 233, transport parti de Bordeaux le 28 juin 1944 et arrivé au KL Dachau le 7 juillet 1944. Matricule 78 225. Libéré le 23 avril 1945 à Flossenbürg. Il est de retour à Saint-Foy avant le 7 juin 1945 Dans ses souvenirs, Paul Favereau écrit : "Je pesais alors 30 kg".

Paul Favereau a rédigé son témoignage, une plaquette de 19 pages, tirage ordinateur du 27 novembre 1992.

LAVENNE Louis, né le 8 mars 1922 à Saint-Méard de Gurçon.

I. 199, transport parti de Compiègne le 6 avril 1944 et arrivé au KL Mauthausen le 8 avril 1944. Matricule 62 665. Parcours : Linz. Décédé le 10 juillet 1944 à Mauthausen ou Lonz.

MANGES Pierre, né le 25 juillet 1914 à Nancy.

Résidant à Perreau, commune de Saint-Michel de Montaigne. Résistant, de novembre 1942 à mars 1943, il opère à partir de Perreau. Arrêté le 30 octobre 1943 à Saint-Raphaël.

Déporté dans le transport parti le 4 juin 1944 de Compiègne et arrivé le 7 juin 1944 au KL Neuengamme. Matricule ? Décédé le 3 (?) avril 1945 à Neuengamme.

MAZEAU Albert, né le 7 février 1915 à Pessac-sur-Dordogne.

I. 169. Transport parti de Paris, gare de l'Est, le 10 janvier 1944 et arrivé à Sarrebruck (camp de Neue Bremm) le 11 janvier 1944. Matricule 22 190 (Buchenwald). Parcours : Neuengamme. Décédé le 9 mars 1945 à Ellrich. Nacht und Nebel.

MEYRAN, résidant à Bonneville et Saint-Avit-de-Fumadières.

Il fit partie des quatre personnes arrêtées à Bonneville, d'après le témoignage de Charles Moze. Il ne figure pas dans le "Livre-Mémorial des déportés de France", ni sur le monument aux Morts de la commune.

MONRIBOT Georges, né le 23 mars 1911 à Lamothe-Montravel.

III. 10, déportés arrêtés sur le territoire du IIIe Reich (hors Alsace-Moselle) et internés au KG Flossenbürg. Matricule 28 942. Parcours : Graz, Flossenbürg (Zwickau). Décédé le 25 février 1945 à Zwickau.

ORLIAC Georges, né le 17 septembre 1910 à Montpeyroux.

I. 172, transport parti de Compiègne le 22 janvier 1944 et arrivé au KL Buchenwald le 24 janvier 1944. Matricule 41 779. Parcours : Mauthausen. Décédé le 24 avril 1945.

PECOU Georges, né le 22 juillet 1907 à Saint-Martin de Gurçon.

I. 206, transport parti de Compiègne le 27 avril 1944 et arrivé le 30 avril au KL Auschwitz-Birkenau. Matricule 186 190. Décédé en 1944 à Flossenbürg.

 

Autres ouvrages utilisés :

 

bibl                      corri

 

 

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15 novembre 2018

Le cahier de poésies d'Emma Tauziac

Jadis, j’avais animé un séminaire à la faculté de Bordeaux III sur le thème des « Poésies académiques et populaires en Pays foyen aux 19ème et 20ème siècles ». De 1850 à 1950, environ, beaucoup de jeunes gens et de jeunes filles remplirent des recueils avec des poèmes de grands auteurs. C’était l’un des aspects que j’avais présentés. Ces recueils de poèmes furent à la mode dans la France entière et celui d’Emma Tauziac participe à cet immense mouvement que l’on retrouve, avec les mêmes caractères, dans l’essor et la propagation de l’image ou des herbiers[1] : il s’agissait d’appréhender des types de réalité, émotions, sentiments, pensées, avec leurs valeurs exemplaires ou morales, voire utilitaires et esthétiques dans le cas des plantes. Appréhender, distinguer, définir et classer marquaient une méthode de connaissance, un sens de la vie.

J’ai feuilleté avec soin le recueil de poésies compilées par Emma Tauziac, et je l’ai paginé au crayon à papier. Cette note présente les points suivants :

1 - L’époque et le contexte de la rédaction du recueil.

2 - Les auteurs et les thèmes.

3 - Les illustrations.

4 – L’histoire de trois feuillets volants. 

 

1 – Epoque et contexte de la rédaction du recueil.

Plusieurs poèmes sont datés. Page 3, voici la date du 5 janvier 1920. Le 17 décembre 1921 est la date ultime. Pendant ces deux ans, Emma a utilisé un peu plus de 150 pages sur les 250 que contient son cahier. Elle suivait alors les cours de l’Ecole normale d’Institutrices de Périgueux, c’est du moins le texte imprimé sur la première de couverture du cahier, dans un écu posé sur une palme. Des indices le confirment : Page 48, une amie d’Emma prénommée Sylphe, écrit en marge d’un poème : « souvenir de notre 1ère année ». La page 65 marque un passage important. Elle porte en effet une seule mention : IIIe année ». La date du 9 mai 1921 figure quelques pages avant et celle du 3 octobre 1921 quelques pages après (pages 62 et 67).  Pourtant, une mention de la seconde année d’études figure page 150, bien après celle de la 3ème année.

Je n’aborderai pas le thème de la chronologie du recueil. Constatons que ces données correspondent au cursus scolaire suivant :

1ère année :     1919-1920

2ème année :    1920-1921

3ème année :    1921-1922

Démarche habituelle, plusieurs condisciples d’Emma ont écrit quelques mots affectueux en marge d’un poème : en classe, ou dans la chambrée du régiment, nombreux étaient les jeunes filles et les jeunes gens qui rédigeaient ces sortes de recueils qu’ils faisaient parapher par leurs proches.

La confection du recueil procédait d’un élan collectif, le recueil donnant un choix personnel de poèmes, quitte à recopier sur le cahier d’un autre le poème que l’on avait apprécié.

Il s’agissait d’une démarche propre à la jeunesse découvrant les joies espérées et aussi les contraintes du statut d’adulte : vie professionnelle, mariage, famille, constitution d’un patrimoine, acquisition d’une place sociale, etc. A cet égard, le recueil de poème marque un rite de passage de l’adolescence au monde adulte. Et encore, il faudrait nuancer cette affirmation. Jusqu’à la dernière guerre mondiale, du moins en pays foyen, les jeunes adultes n’acquéraient voix délibérative qu’à partir de la quarantaine, pour employer une métaphore, c’est-à-dire quand ils avaient montré à tous leur bonne gestion de père de famille, dans leur vie professionnelle et dans leur vie privée.

2 – les auteurs et les thèmes.

Emma n’a écrit aucun poème de sa composition. Elle a noté telles œuvres d’auteurs qui connurent le succès de leur vivant et furent en grande partie oubliés dans les années 1920, d’autres à la célébrité inaltérable, et enfin, d’auteurs contemporains de la confection du recueil. Citons Victor Hugo, François-René de Chateaubriand, Alphonse de Lamartine, Leconte de Lisle, Jean Moréas, Emile Verhaeren, Paul Bourget, Pierre Louÿs, etc. Des auteurs qui marquèrent la littérature française ne figurent pas, par exemple, Stéphane Mallarmé et Paul Valéry.

Le choix est conventionnel, socialement recevable, pour employer une locution actuelle épouvantable, ainsi, les textes choisis dans l’œuvre de Pierre Louÿs. Au fil des pages et des mois, les thèmes passent de sentiments éthérés et de situations parfois dramatiques à la plénitude et aux avatars d’un amour tant attendu. Les quatre derniers poèmes en donnent l’exemple : le « Double Amour », « l’Epousée » de Sully Prud’homme, « Destinées » d’Albert Samain et l’extrait d’un poème d’Emile Verhaeren provenant de son recueil, « les Heures Claires » (pages 151 à 158).

Cependant, la réalité tonne dans ces aspirations : dans une carte de vœux de bonne année, une de ses amies annonce à Emma que ses fiançailles sont rompues et qu’elle ne parvient pas à s’en remettre…

3 – Les illustrations.

Peu d’illustrations ouvrent de larges perspectives. Le cahier s’ouvre par 7 illustrations, presque à chaque page. On les croirait venir d’un album confectionné à la fin du 19ème siècle. La Grande Guerre a liquidé la Belle Epoque et moissonné sa jeunesse masculine, mais subsistent des repères esthétiques et agréables, pour ne pas dire confortables. Voici des fleurs, rose, pensée, œillets, finement gouachées ; des chrysanthèmes et le lettrage de deux titres, « Soir » et « A ma mère », ont été repris dans des revues de broderie. Page 13, Emma a utilisé une technique au résultat pataud : un nuage d’encre violette entoure une silhouette de fleur. Elle n’a pas recommencé…

A partir de la page 17, les illustrations se font rares. Quelques plantes séchées, placées en marge des textes, illustre la mode des herbiers répandue par les programmes scolaires et les flores de Bonnier et Layens. La petite photo d’un tableau (page 85) et un joli chromo ovale représentant un paysage enneigé (page 86), par leur rareté, montrent que seul compte le texte. Cependant, une petite photo d’un jet d’eau, devant une grange aménagée en serre, a peut-être été prise chez Emma, à Lamothe-Montravel.

Entre les pages 134 et 135, on trouve la photo d’une jeune femme assise sur un muret, la plaine s’étend jusqu’à l’épaulement des collines. La photo ne porte pas d’annotation et représente probablement Emma.

4 – L’histoire de trois feuillets volants.

Au sortir de l’Ecole Normale, Emma prit un poste d’institutrice. Elle épousa M. Jammes. Je tiens ces renseignements de sa belle-fille, car Emma referma le cahier qui avait accompagné son accession à la vie d’adulte. Peut-être Emma avait-elle mémorisé plusieurs poèmes qu’elle fit découvrir, étudier et apprendre par cœur à ses élèves.

En 1968, un homme rencontré chez des amis communs lui fit parvenir trois feuillets de vers sur le thème de l’amoureux transi, 24 quatrains commençant par ce même vers :

« Ne le dis à personne, le nom de ta bien-aimée ! »

Deux annotations de l’auteur anonyme donnent le contexte : « Ecrit pendant la nuit d’un dimanche où j’avais rencontré une dame chez des amis communs, 12 février 1968, Le Fleix ». Et : « Dédié à Madame Jammes, institutrice quelque part à Montcaret, J. P. ». Au crayon à papier, l’intermédiaire qui transmit cette pièce de vers à Emma écrivit : « Oublié de vous remettre des feuillets. Je vous donnerai la lettre directement, A. D. ».

C’était exprimer un peu tard et dans un style assez maladroit les émois de la jeunesse, et pourquoi pas ?

En femme d’ordre et de raison, Emma plaça les trois feuillets à la fin de son recueil de poèmes. Ils y avaient leur place. Et elle referma son recueil de poèmes qu’elle conserva jusqu’à la fin de sa vie.

La petite fille d’Emma Tauziac m’avait prêté ce cahier. Je lui ai rendu rapidement sans faire de photos. Impossible, donc, d’illustrer cet article.

Les jeunes gens faisaient aussi volontiers des cahiers de poèmes et d’historiettes. Ils préféraient des textes coquins, parfois très crus, surtout quand ils furent militaires, alors que les jeunes filles s’en tiennent aux grands épanchements de sentiments.  

Je vous parlerai sans tarder de ces cahiers faits par des jeunes gens, un article illustré.

[1] A partir des années 1930, le cinéma parlant répand intérêt et fascination pour des vedettes, et des jeunes filles constituent des recueils de photos de leurs actrices et acteurs préférés.  Cette mode s’étiole pendant la Seconde Guerre mondiale.

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12 novembre 2018

Cérémonies du 11 novembre à Montcaret

Notre ami Jacques Berthet nous donne ce compte-rendu des cérémonies :

La cérémonie du 11 Novembre a débuté à 10h30 au monument aux morts. Environ 70 personnnes ont assité à cette commémoration du centenaire de l'armistice 1918 qui marquait la fin des combats de la 1ère guerre mondiale.
Après lecture par le maire Thierry Lansade des lettres officielles émanant de la Préfecture et de la Présidence de la République, et la Marseillaise chantée par le public, les cloches de l'église St Pierre ont résonné à la volée comme dans tous les villages de France. Le maire a ensuite invité le public a descendre en mairie pour assister à la plantation d'un arbre de la liberté.

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La cérémonie s'est terminée à la salle des fêtes par un verre de l'amitié et le président des Amis de Montcaret, Jean Vircoulon, a présenté une exposition de photos, cartes, divers objets et documents retraçant l'histoire de cette tragédie.

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11 novembre 2018 à Montcaret

Hier, 11 novembre, plusieurs membres de notre associations se sont retrouvés à Montcaret, autour du maire, de ses conseillers et de nombreux montcarétois pour marquer le centenaire de la Victoire.

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 Photo prise sur le net.

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 Aujourd'hui, recueillement devant le monument aux Morts...

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 Puis, M. le maire plante un arbre devant la mairie. On questionne, on plaisante : "C'est quelle espèce d'arbre ?", "Oh regarde comme il pousse vite, il a déjà des feuilles"... Les Montcarétois se retrouvent dans le présent, avant le vin d'honneur qui les réunit à la salle municipale.

Notre association a préparé une petite exposition sur la Grande Guerre. Tout le monde l'a vue et appréciée. Deux parties : de la déclaration de guerre à l'armistice du 11 novembre et des conséquences de la guerre ; et des témoignages locaux avec des ouvrages et des photos prises sur le front, en particulier, une photo exceptionnelle d'une "parade d'exécution" d'un fusillé pour l'exemple, prise par un Montcarétois à Sains-en-Gohelle, en juin 1915.

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Quatre de nos amis avaient apporté des objets ayant appartenu à leurs grands pères, soldats de 14-18 : des photos, une canne faite dans les tranchées, un obus décoré, la musette et des tas de souvenirs des grands pères. Merci : notre association participera à la collecte de documents sur 14-18 organisée par les Archives de France. Le processus est simple, nous enverrons le scan des objets aux Archives départementales de la Dordogne. Nous vous en reparlerons.

Sans tarder, l'exposition sera visible dans ce blog. C'est la meilleure façon de la présenter à tous.

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